De l’ambition, de la détermination j’en avais, mais pour faire quoi ? Pour aller où ?  J’étais brillante scolairement mais selon moi, bien loin d’être exceptionnelle. J’étais là avec mes rêves de grandeur, avec cette sensation étrange que cela ne pourra jamais se réaliser. La preuve étant, aux élections de délégués, j’avais beau me présenter il était rare qu’à part mon vote je fasse de grands records. J’ai tout de suite compris que je ne pourrais jamais parvenir à mes objectifs si je n’arrivais pas à devenir visible. Quand j’y repense maintenant s’il devait y avoir un bal d’anciens élèves, à part une petite poignée de gens, personne n’aurait retenu mon visage.

De par l’expérience de mon enfance, il m’était devenu très difficile d’accorder ma confiance à quelqu’un. J’avais trop souvent été malmenée et considérée comme trop gentille. Je pensais pas qu’être trop gentille puisse être un défaut, jusqu’au jour où j’ai été victime d’une trop grande injustice.

Encore aujourd’hui, cette affaire me ronge et j’éprouve de grandes difficultés à tourner la page. Est-ce parce que je suis invisible, insignifiante aux yeux de beaucoup que l’on devait me traiter comme un paillasson ? J’ai longtemps pensé que c’était le cas.

J’ai appris au fil du temps que la reconstruction serait bien plus difficile que ce que j’avais imaginé. Une chose était sûre à l’heure actuelle je ne suis toujours pas prête à pardonner.

En attendant mon rétablissement, j’ai fait le choix de mettre en place quelques mesures de protection. Pour me protéger, il était essentiel de comprendre le véritable fond des personnes qui allaient croiser mon chemin. Au-delà de leur apparence ou simplement de ce qu’elles laissaient passer, il fallait que j’arrive à détecter leur véritable nature, leur véritable intention, leurs pires secrets ou encore les belles vérités.

Innocence perdue, je n’avais plus confiance en la simplicité des personnes. Je partais du principe que chaque acte que l’on faisait n’était pas le fruit d’un acte purement spontané mais au contraire que c’était la conséquence de choix qui étaient parfaitement réfléchis. Avais-je tort ou avais-je raison ? Ce que je sais pour l’instant c’est que cette méthode de protection allait rapidement faire de moi une toute autre personne.

J’ai étudié très attentivement pendant des années l’évolution de deux genres de groupes sociaux. Le premier est un groupe mixte, des personnes qui, pour la plupart, se connaissent depuis l’école primaire. Dans ce groupe, l’amitié serait donc au premier plan. Le second groupe est constitué exclusivement de filles qui se sont rencontrées à l’université. Dans celui-ci en revanche, il est difficile de savoir si se groupe s’est constitué par pure amitié ou simplement par facilité. Il est vrai que la vie à la fac semble tellement plus facile lorsque l’on est accompagné.

A. 

 

2 réflexions sur “Préface : Il faut un début à tout…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s